Salle d’audience 3.13, tribunal de grande instance. Il est 10 h 27. Une affaire familiale parmi tant d’autres : garde alternée, désaccord sur les vacances scolaires, rancœurs accumulées depuis des années. Le magistrat énonce calmement sa décision. Les avocats notent, les parents écoutent, figés. Une ordonnance tombe, claire, structurée, juridiquement solide. Pourtant, à la sortie, les visages restent fermés. Le père grince des dents : « Comme d’habitude, elle gagne ». La mère fulmine : « Il n’a rien compris à ce que je vis au quotidien. »
Quand juger ne suffit plus
La scène est banale, presque routinière. Elle illustre pourtant une crise silencieuse : celle de la fonction de juger. On sort d’un tribunal avec un jugement, mais pas nécessairement avec une solution. On obtient un droit, sans réparation. La justice produit des décisions, mais peine à pacifier. Là où elle prétend refermer un conflit, elle en perpétue parfois la logique souterraine. Un verdict est rendu, mais la blessure reste vive, parfois ravivée par la solennité même de l’acte judiciaire.
Car juger, historiquement, n’est pas simplement dire le droit. C’est trancher un différend, incarner une figure de tiercéité, affirmer une autorité symbolique. Mais dans un monde où les conflits s’individualisent, où les rapports se fragmentent, où les récits d’injustice se multiplient sans se ressembler, cette figure du juge vertical, impartial et lointain semble en porte-à-faux. Le langage judiciaire, avec son formalisme, son rythme, son lexique propre, devient parfois un obstacle au sentiment de reconnaissance. On ne se sent pas entendu, même quand on a « eu gain de cause ».
C’est cette impasse qui a conduit, depuis deux décennies, à l’émergence de dispositifs de médiation, de conciliation, de justice restaurative. L’idée semble simple : dans certains cas, il vaut mieux dialoguer que trancher, comprendre plutôt que punir, rétablir le lien plutôt que figer les torts. Mais cette idée, en apparence consensuelle, soulève une onde de choc dans l’architecture même de la justice.
Car la médiation ne se contente pas d’être un détour procédural. Elle propose une autre manière de concevoir la fonction du tiers : non plus comme une autorité souveraine, mais comme un facilitateur de dialogue ; non plus comme celui qui tranche, mais comme celui qui rend audible ce qui ne l’était pas. Elle suppose une confiance nouvelle, non dans la loi abstraite, mais dans la capacité des parties à co-construire un sens, un accord, une sortie du litige.
Dès lors, une question se pose : assistons-nous à une simple réforme pragmatique du système judiciaire, ou à une transformation profonde, presque ontologique, de la fonction de juger ? La déjudiciarisation, portée par l’essor de la médiation, est-elle une chance pour repenser la justice à hauteur d’humain, ou un symptôme d’une justice qui se dérobe ? Est-elle un renoncement ou une réinvention ? Une fragilisation du pouvoir judiciaire ou une invitation à sa métamorphose ?
C’est ce paradoxe que cet article explore, à travers une plongée critique dans les mutations contemporaines de la justice. Non pour prendre parti, mais pour interroger. Non pour défendre un modèle, mais pour dévoiler ce qui, derrière les procédures, se joue du rapport au conflit, à la parole, et à la légitimité du tiers.
Des juridictions encombrées aux forums de médiation — une mutation en marche
Depuis les années 2000, les juridictions occidentales vivent une transformation discrète mais radicale. Les salles d’audience sont pleines, les délais s’allongent, les greffes saturent. Le système judiciaire craque sous le poids des litiges du quotidien. Face à cette crise, une réponse semble faire consensus parmi les pouvoirs publics : décharger les tribunaux en développant la médiation. L’argument est double : désengorger les cours et offrir aux citoyens un mode de résolution plus souple, plus rapide, et parfois plus apaisé.
En France, la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle (2016) a consacré la médiation comme outil incontournable, en instaurant une tentative obligatoire de règlement amiable avant certaines procédures. Des plateformes ont émergé, des médiateurs ont été formés, des expérimentations ont vu le jour dans le domaine familial, locatif, commercial. En Belgique, le Code judiciaire a reconnu la médiation judiciaire dès 2005, avec un encadrement légal du statut de médiateur agréé. Au Canada, le Québec a ouvert la voie avec ses Centres de justice de proximité, articulant droit, écoute et accompagnement. Dans certains cas, comme au sein des juridictions pour mineurs, la médiation a même été pensée comme alternative directe à la sanction pénale.
Mais cette bascule ne se limite pas à une évolution administrative. Elle modifie en profondeur la carte mentale de la justice. Là où l’on s’adressait jadis à un juge pour « faire trancher », on accède désormais à des forums de parole. Là où la conflictualité s’exprimait dans le langage procédural, elle cherche désormais une expression plus intime, plus horizontale. Dans les maisons de justice, les cercles restauratifs, les médiations citoyennes, c’est une autre logique qui émerge : moins celle du droit, que celle de la relation. La notion même d’« audience » se voit réinterprétée : il ne s’agit plus de « comparaître », mais d’être entendu, reconnu, accompagné.
Ce changement de décor ne va pas sans ambivalence. D’un côté, il offre un souffle nouveau, une promesse de désaturation et d’écoute. De l’autre, il expose les usagers à une grande hétérogénéité des pratiques, des formats, des garanties procédurales. Derrière l’enthousiasme officiel, des tensions affleurent : qui décide du cadre ? Qui accompagne les parties les plus vulnérables ? Qui contrôle la qualité du processus ? Et surtout : que devient le sens de la décision lorsque celle-ci n’est plus prononcée mais co-construite ?
Les professionnels eux-mêmes vivent cette mutation sur le fil : magistrats réaffectés vers l’orientation et l’accompagnement plutôt que vers la décision ; avocats sollicités pour désamorcer au lieu de plaider ; greffiers chargés de renseigner et non plus seulement de transcrire. Le palais de justice se dilate, se décentre, devient moins un lieu solennel qu’un réseau d’espaces pluriels, interconnectés, parfois informels.
La déjudiciarisation, si elle s’ancre dans des logiques pragmatiques (fluidifier, désencombrer, rendre plus accessible), devient aussi un laboratoire de transformation silencieuse du rapport à la justice. Elle appelle un nouveau regard sur ce que signifie « accéder au droit ». Et peut-être sur ce que nous attendons, au fond, d’un espace de résolution des conflits : non plus une sentence, mais une traversée ; non plus une clôture, mais une possibilité de réinvention partagée.
Médiation ou délestage institutionnel ?
Derrière l’éloge unanime de la médiation, une ambiguïté demeure. Est-elle véritablement un progrès dans l’accès à une justice plus humaine et plus dialogique ? Ou bien sert-elle de soupape au désengagement des États et à la fragilisation des institutions judiciaires ? Dans certaines situations, la médiation apparaît moins comme un choix qu’on offre que comme une issue imposée — une obligation travestie en opportunité.
Le vocabulaire lui-même est révélateur. On parle de « modes alternatifs de règlement des différends » (MARD), comme si la voie judiciaire était encore la norme, alors même qu’elle devient, pour beaucoup, une option de dernier recours, coûteuse, lente et opaque. Le recours à la médiation est souvent présenté comme « incitatif » mais tend à devenir structurellement incontournable, notamment dans les affaires familiales ou de voisinage. À terme, la médiation pourrait glisser d’un droit à un devoir, d’une ouverture à une obligation administrative, voire économique.
Ce phénomène n’est pas neutre. Il s’inscrit dans un contexte plus large de rationalisation néolibérale des services publics : faire plus avec moins, transférer les charges vers les individus, externaliser les fonctions dites secondaires. La médiation, dans cette optique, devient un mécanisme d’allègement budgétaire, un « déversoir » des flux contentieux. Or, substituer la parole au droit sans cadre solide, sans contrôle, sans garantie d’équité, peut produire l’inverse de la justice.
Il existe un risque réel de privatisation silencieuse de la fonction de juger. Qui sont les médiateurs ? Quelle formation ont-ils ? Par qui sont-ils rémunérés ? Quelle légitimité portent-ils ? Lorsque les opérateurs privés entrent dans l’arène judiciaire, avec des logiques de performance et de satisfaction client, le rapport à la vérité, au tiers, à l’équité se transforme. Ce n’est plus le droit qui encadre la solution, mais la capacité des parties à s’entendre — ce qui peut avantager les plus forts, les plus éloquents, les plus informés.
En outre, on observe une tendance préoccupante : la délégation de la complexité vers les marges. Ce que la justice institutionnelle ne parvient plus à contenir — les conflits longs, sensibles, symboliquement chargés — est renvoyé vers des dispositifs périphériques. Là où il faudrait du temps, de la lenteur, de la nuance, on espère que la médiation offrira une issue rapide. Cette attente, souvent irréaliste, transforme le médiateur en alchimiste, chargé de réconcilier des mondes que le droit n’a pas su relier.
Enfin, cette dynamique soulève une question fondamentale : dans un monde de plus en plus fracturé, faut-il toujours chercher à apaiser ? N’y a-t-il pas des conflits irréductibles, qui réclament une instance de jugement, un tiers fort, une parole verticale ? La justice ne peut pas être dissoute dans la relation. Elle suppose aussi de nommer l’injustifiable, de reconnaître l’irréparable, de trancher là où l’harmonie est une fiction dangereuse.
Autrement dit : la médiation n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle devient problématique lorsqu’elle sert à dissimuler un désengagement politique. Et elle devient précieuse lorsqu’elle s’inscrit dans une architecture exigeante, protectrice, où l’horizontalité n’efface pas les besoins fondamentaux de protection, de reconnaissance et de justice. Il ne s’agit pas de choisir entre juger et dialoguer, mais de maintenir la tension entre les deux — comme deux gestes complémentaires, deux régimes de légitimité, deux langages du tiers. Là se joue peut-être la véritable refondation de la justice contemporaine.Derrière l’éloge unanime de la médiation, une ambiguïté demeure. Est-elle véritablement un progrès dans l’accès à une justice plus humaine et plus dialogique ? Ou bien sert-elle de soupape au désengagement des États et à la fragilisation des institutions judiciaires ? Dans certaines situations, la médiation apparaît moins comme un choix qu’on offre que comme une issue imposée — une obligation travestie en opportunité.
La fonction de juger à l’épreuve du dissensus contemporain
À mesure que les formes traditionnelles du litige se diversifient, la fonction de juger est soumise à une tension croissante : peut-elle encore incarner une autorité légitime dans un monde où les conflits se dérobent à toute objectivité partagée ? La justice n’opère plus dans un espace homogène, mais au sein d’un tissu hétérogène de subjectivités, d’identités blessées, de récits concurrents. Le juge, autrefois figure du tiers transcendant, est désormais confronté à un dissensus radical : celui qui ne se résout pas par l’arbitrage, mais qui expose des visions du monde incompatibles.
La psychologie sociale éclaire ce basculement. Dans des contextes émotionnellement chargés, la fonction de jugement est moins attendue pour sa rigueur que pour sa capacité à produire un apaisement symbolique. Or, la décision judiciaire, même solidement argumentée, peut échouer à créer ce soulagement si elle ne répond pas à un besoin de reconnaissance. Ce n’est plus seulement le contenu du jugement qui compte, mais le processus par lequel il est énoncé, la manière dont il prend acte de la complexité humaine des parties.
La sociologie des institutions, quant à elle, montre comment la verticalité du pouvoir judiciaire est mise à l’épreuve par l’horizontalité croissante des sociétés contemporaines. Les citoyens ne veulent plus d’une justice qui leur soit imposée : ils réclament une justice dans laquelle ils puissent se reconnaître. Cette revendication transforme la position du juge : non plus figure distante de la Loi, mais acteur inséré dans une écologie relationnelle où la parole, l’écoute, la posture prennent autant de poids que le raisonnement juridique.
La théorie du droit révèle alors un glissement : on passe d’un modèle normatif à un modèle narratif. Là où le juge tranchait selon des règles générales, il est désormais sommé de « faire justice » dans chaque cas particulier, c’est-à-dire de restaurer un sens au-delà du texte. Le danger est double : d’un côté, l’atomisation du droit en décisions contextuelles ; de l’autre, une exigence émotionnelle parfois démesurée envers le juge, sommé d’incarner l’impossible réparation.
L’anthropologie politique, enfin, introduit une perspective précieuse : dans certaines cultures, la figure du juge n’existe pas. Ce sont des conseils, des cercles, des processus communautaires qui régulent les différends. Cette diversité invite à repenser notre modèle hérité de la souveraineté. Peut-être que le juge ne doit plus être un oracle, mais un artisan du dissensus — celui qui rend possible la confrontation civilisée de récits opposés sans les effacer.
Ainsi comprise, la fonction de juger ne disparaît pas dans la médiation : elle s’y reconfigure. Elle ne s’oppose pas au dialogue : elle devient sa condition de possibilité. Car pour qu’un dialogue soit fécond, il faut un cadre. Et ce cadre, c’est encore — parfois — le juge qui le pose. Un juge non pas dominateur, mais garant ; non pas arbitre d’un jeu clos, mais veilleur d’un espace ouvert où le dissensus peut se dire, se formuler, se métaboliser.
La médiation ne supprime donc pas la fonction de juger : elle la met à l’épreuve. Et c’est précisément dans cette épreuve que peut émerger une justice à la hauteur de notre époque : capable de dire le droit, mais aussi d’écouter l’inexprimé ; d’appliquer des règles, mais aussi d’ouvrir des possibles ; de trancher, parfois — mais de soutenir, aussi, la part irréconciliable du conflit humain.
Vers une justice dialogique
Si la médiation met à l’épreuve la fonction de juger, c’est aussi parce qu’elle révèle une attente profonde : celle d’une justice qui n’impose pas seulement un verdict, mais qui s’ouvre à la parole, à l’histoire, à la relation. Une justice qui ne se borne pas à dire le droit, mais qui cherche à faire émerger du sens. Cette transformation, plus anthropologique que procédurale, esquisse les contours d’une justice dialogique — c’est-à-dire d’un espace où le droit et la parole ne s’excluent pas, mais se soutiennent.
Cela implique d’abord une reconfiguration du rôle du juge. Il ne s’agit pas de lui retirer sa légitimité, mais de redéfinir sa posture. Le juge devient alors garant d’un cadre, accompagnateur d’un processus, plutôt qu’arbitre omniscient. Il veille à l’équilibre des forces, à la sécurité symbolique du face-à-face, à l’équité des conditions d’expression. Il ne renonce pas à juger — mais il accepte que, parfois, la solution ne réside pas dans la décision, mais dans la traversée partagée du différend.
La justice dialogique exige aussi un investissement renouvelé dans la formation. Former à l’écoute, à l’accueil de la conflictualité, à la gestion des émotions, au repérage des asymétries implicites. Cela suppose d’intégrer aux cursus juridiques des disciplines comme l’anthropologie, la psychologie sociale, la philosophie du langage. Le droit ne peut plus être une technique froide : il devient un art de l’interlocution.
Une telle justice implique enfin une architecture adaptée : lieux hybrides entre tribunal et maison commune, cercles de parole institutionnalisés, interfaces entre justice formelle et médiation communautaire. On pense ici aux cercles de justice autochtones au Canada, aux dispositifs inspirés de la justice réparatrice, ou encore aux pratiques émergentes d’arbitrage narratif, où chacun dépose sa version du monde avant qu’une issue commune ne soit envisagée.
Mais attention : la justice dialogique n’est pas la négation du conflit. Elle ne rêve pas d’harmonie. Elle s’appuie sur l’idée que le désaccord peut être fécond, à condition d’être reconnu, ritualisé, accompagné. Elle ne supprime pas la structure — elle la rend respirable. Elle n’abolit pas la loi — elle lui redonne son statut d’outil, non de clôture. Elle ne remplace pas le jugement — elle le resitue comme un moment possible dans un parcours plus vaste.
Autrement dit, il ne s’agit pas de choisir entre la justice classique et la médiation, mais de les articuler dans une nouvelle grammaire. Une grammaire où l’écoute est un acte juridique, où le silence devient un mode d’énonciation, où l’inachèvement est parfois plus juste qu’une décision définitive. Cette justice-là ne promet pas la paix, mais elle ouvre des lieux pour que le conflit ne se referme pas dans le ressentiment ou l’oubli. Elle accompagne, elle module, elle soutient — et c’est peut-être, aujourd’hui, la plus haute forme de puissance publique.
Que veut dire “faire justice” aujourd’hui ?
Et si « faire justice » n’était plus simplement rendre un jugement ? Et si l’acte de juger ne consistait pas uniquement à appliquer la loi, mais à créer les conditions d’un espace commun, même fragile, où le dissensus puisse être entendu sans être immédiatement refermé ? Dans un monde saturé d’iniquités, traversé par des récits incompatibles, secoué par des blessures historiques qui ne trouvent pas de réparation, la justice ne peut plus s’envisager comme un simple dispositif de clôture. Elle devient un lieu d’épreuve, d’écoute, d’ajustement.
Faire justice aujourd’hui, ce n’est plus seulement « faire droit ». C’est oser habiter la part inachevée des conflits. C’est maintenir ouvert ce qui dérange. C’est accueillir la plainte sans forcément la résoudre. C’est refuser la tentation de la performance — celle d’un droit qui tranche vite, mais qui entend mal. C’est parfois ne pas décider, pour laisser la parole faire son chemin. C’est parfois décider, mais sans illusion, avec humilité, en sachant que toute décision est aussi une perte, un renoncement, un récit qui en écrase un autre.
Dans ce contexte, la médiation n’est pas l’antithèse du jugement : elle est peut-être son prolongement dans un monde où les repères se déplacent. Elle ne remplace pas le juge, mais elle redonne à celui-ci un rôle moins oraculaire, plus humain, plus relationnel. Le tiers n’est plus celui qui tranche de loin, mais celui qui accepte d’être touché sans se confondre, présent sans dominer, exigeant sans imposer.
Faire justice, c’est aussi redonner sens à la responsabilité collective. C’est refuser de déléguer intégralement aux institutions la tâche d’arbitrer nos conflits, pour réapprendre à les porter, à les traverser ensemble. C’est poser la question politique de la réparation : réparer quoi, pour qui, et à quel prix ? Et reconnaître que parfois, ce qui est abîmé ne se répare pas — mais peut se dire, se ritualiser, se transmettre.
C’est enfin admettre que dans certains conflits, il n’y a ni coupable clair, ni victime pure, ni résolution heureuse. Il y a des souffrances réciproques, des asymétries silencieuses, des zones d’ombre irréductibles. Faire justice, c’est alors offrir un cadre où ces zones peuvent exister sans être écrasées par la logique binaire du litige.
Alors, que signifie encore « rendre justice » dans une société de plus en plus horizontale, polyphonique, conflictuelle ? Peut-être : créer les conditions pour que des voix puissent coexister sans se détruire. Peut-être : incarner une forme d’attention publique, rigoureuse, à la souffrance et à la parole. Peut-être : garder vivante l’idée qu’un autre rapport au conflit est possible — ni guerre, ni silence, mais présence exigeante.
Et vous, dans votre quotidien professionnel ou personnel, que signifie pour vous « faire justice » ? Est-ce toujours trancher ? Parfois écouter ? Souvent accompagner ? Avez-vous déjà été confronté à une impasse où juger semblait inadapté ?
Quelle place accordez-vous au dissensus dans vos manières de réguler les conflits ?
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